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LES RENCONTRES SCIENTIFIQUES DE L’IMA - Jeudi 3 mars 2005


Première rencontre avec les jeunes chercheurs arabes



Le 3 mars 2005, pour la première fois en France, l'Institut du monde arabe (IMA) a réuni environ 400 jeunes chercheurs arabes, doctorants et post doctorants en sciences, qui ont choisi la France pour terminer leurs études, et les responsables des principaux instituts de recherche français. Cette manifestation tendait à favoriser la coopération scientifique entre la France et le monde arabe et illustrait l’orientation nouvelle de l’IMA vers des actions davantage tournées vers le monde arabe contemporain, en complément des activités culturelles traditionnelles de l’institut.


Ont pris part aux débats : M. Yves Guéna, président de l’IMA, M. André Syganos, directeur adjoint de la coopération scientifique au ministère des Affaires étrangères et Mme Elisabeth Giacobino, directrice de la recherche, au Ministère délégué à la recherche.
Ont également participé à ces débats les hauts responsables d’organismes de recherche suivants (de gauche à droite sur la photographie n°1) : M. Jean-François Minster, pdg de l’IFREMER, M. Bernard Bigot, Haut Commissaire du CEA, M. Christian Brechot, Directeur général de l’INSERM, M. Jean-Claude Guillaneau, directeur de la direction internationale du BRGM, Mme Michèle Boccoz, directeur de la coopération internationale de l’Institut Pasteur, M. François Brown de Colstoun, directeur des relations internationales de l’INRIA, M. Bernard Charpentier, directeur de la coopération internationale de l’INRA, ainsi que M. André Capron, directeur de la coopération internationale, à l’Académie des Sciences (ce dernier ne figurant pas sur la photographie).
Les débats étaient animés par François L’Yvonnet, journaliste à France Culture.


Photographie n°1


M. Yves Guéna, président de l’Institut, a tout d’abord présenté l'objectif de cette rencontre qui consistait à faire émerger un réseau de jeunes chercheurs et à leur donner l'opportunité de rencontrer les responsables des instituts de recherche qui mènent des projets dans les ceux-ci sont ressortissants. Le président de l'IMA a également présenté les futurs Rendez-vous scientifiques de l'IMA, qui débuteront à l'Institut à partir de l'automne prochain dans le contexte de l'exposition L'Âge d'or des sciences arabes. Les premiers Rendez-vous sont envisagés sur différents thèmes tels que " Maîtrise et transport de l'énergie solaire ", " Epidémiologie pour les pays arabes ", " Evolution climatique et accès à la ressource en eau ".

Les directeurs de la recherche aux ministères des Affaires étrangères et de la Recherche ont souligné l’importance de la coopération scientifique entre la France, ou l’Europe en général, et les pays du monde arabe. Dorénavant placé au centre du système économique, le savoir est l’objet d’une compétition féroce. La recherche doit relever le défi, s’ouvrir à l’international, se placer dans le cadre de la concurrence mondialisée mais aussi s’inscrire dans le débat éthique – les progrès de la science ne pouvant se passer de conscience. Cette coopération implique un effort de coordination mais aussi une valorisation de la diaspora des chercheurs issus des pays arabes et installés en France.

La présence nombreuse et l’exceptionnelle qualité de la représentation des organismes de recherche témoignaient de l’adhésion entière de ces derniers aux projets de coopération avec le monde arabe. Tous ont présenté les partenariats qu’ils ont su établir avec ces pays. Certains de ces organismes ont vocation naturelle à travailler en collaboration avec cette région du monde, d’autres ont une tradition historique de coopération et d’implantation, tel l’Institut Pasteur.


Quatre points ont mérité une attention particulière :

M. Bernard Bigot, Haut Commissaire du CEA, a évoqué les deux conditions de réussite de cette coopération : une identification des questions d’intérêt commun aux deux parties et une volonté politique partagée. Ce dernier facteur a été jugé déterminant par tous les participants.

L’importance d’établir des " passerelles ouvertes " comportant des allers et retours a également été soulignée. Il a été jugé souhaitable que les jeunes chercheurs arabes ayant fait leur thèse en France, puissent avoir la possibilité de continuer leurs activités de recherche dans leur pays d’origine, la mobilité de ces étudiants ne devant pas être synonyme de fuite des cerveaux, de " capture " par la France de la matière grise des pays arabes. Ainsi, un véritable réseau et des partenariats devraient se créer entre ces deux pôles afin de mettre en relation permanente les scientifiques des deux rives de la Méditerranée.

Le développement de la recherche dans les pays arabes eux-mêmes dépend de la qualité de la coopération qui est établie avec les centres de recherche français. Cependant, le volontarisme de ces derniers ne peut suffire et les divers pouvoirs politiques devaient participer à ce partenariat. Il serait notamment de la responsabilité des Etats arabes de créer un cadre d’accueil pour les chercheurs de sorte à leur assurer un retour dans les meilleures conditions. Un intervenant en salle a observé que le retour des jeunes chercheurs dans leur pays d’origine était contrarié par le fait que les postes offerts étaient essentiellement des postes d’enseignement de telle sorte que les chercheurs perdaient très vite toute activité de recherche.

Enfin, il a été noté que, jusqu’à présent, les échanges s’opèrent entre le sud et le nord, entre les pays arabes et la France, la dimension multilatérale étant marginalisée. Or, le développement de la recherche dans l’espace méditerranéen implique des échanges entre les pays arabes eux-mêmes.


Photographie n°2


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