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Jeudi 13 mai 2004


Discours de M. Denis Bauchard, Président de l’IMA
Allocution de Bienvenue de la table ronde
« Juifs et arabes : Comment après les accords de Genève, dialoguer aujourd’hui en France sur le conflit israélo-palestinien ? »


Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue dans l’Auditorium de l’IMA pour cette seconde partie du colloque : « juifs et musulmans : une histoire partagée, un dialogue à construire », conçu par Esther BENBASSA et Jean Christophe ATTIAS, directeurs d’études à l’EPHE et organisé conjointement par le Monde des religions, l’Ecole pratique des Hautes Etudes et l’Institut Européen en sciences des religions, avec le soutien du Centre d’histoire moderne et contemporaine des Juifs, et bien sûr, de l’Institut du Monde Arabe qui vous accueille ici ce soir. Je voudrais aussi remercier et féliciter tous ceux qui ont participé à l’élaboration de ce colloque qui correspond à un vrai besoin et qui vient à son heure.

La qualité des débats qui se sont déroulés ce matin et cet après-midi à la Sorbonne laisse bien augurer de nos travaux. Je fais à cet égard pleinement confiance au talent et au professionnalisme des deux animateurs de la table ronde, Esther BENBASSA et Djénane KAREH-TAGER de même qu’aux intervenants femmes et hommes de dialogue qui vont y participer.

Cette longue énumération des partenaires de ce colloque suffit à démontrer à quel point nous sentons tous, universitaires, décideurs, chercheurs, journalistes et d’une façon générale femmes et hommes de bonne volonté, l’importance et l’urgence d’ouvrir un vrai dialogue pour essayer de faire prévaloir la compréhension sur le rejet de l’autre, la raison sur les passions et les amalgames, la cohésion sociale sur les frictions communautaires.

C’est la conscience de ce besoin et de cette urgence qui m’a incité, lorsque j’ai été approché pour accueillir une séquence de cette rencontre, à accepter en accord avec le Directeur général et avec le soutien de notre Conseil d'administration qui est, comme vous le savez composé à part égale de français et d’arabes représentant les Etats fondateurs de l’Institut. La participation de l’IMA à ce colloque était dans la logique des choses car elle s’inscrit pleinement dans le cadre de sa mission. Elle n’est pas sans risques que nous assumons pleinement, persuadés que nous sommes que le respect des opinions exprimées est le premier pas vers la compréhension mutuelle.

L’IMA s’est attaché à être, depuis sa création, dans les années quatre vingt, un lieu de libre dialogue, d’ouverture et d’échanges, considérant que c’était la seule voie à suivre pour remplir sa mission de promouvoir en France une meilleure connaissance et une meilleure compréhension du monde arabe. Il a ainsi pratiqué, bien avant que l’expression ne devienne à la mode, le dialogue des cultures. Cette préoccupation s’est encore accentuée ces dernières années. Dans un monde bouleversé par les conflits, les menaces terroristes et les intégrismes, dans un contexte national où se répercutent ces conflits, ces menaces ou ces intégrismes, l’IMA a en effet considéré qu’il ne pouvait se désintéresser des grands problèmes d’actualité. La présentation de grandes expositions patrimoniales ne le dispensait pas de participer à la réflexion sur le monde contemporain bien au contraire. Il a donc fortement développé ses activités de colloques et débats, dans lesquelles tout naturellement se place la rencontre d’aujourd’hui.

Le thème de ce colloque, dont l’intitulé expose la problématique dans un raccourci très pertinent, est essentiel autant que sensible. L’IMA a traité à plusieurs reprises des regards croisés entre l’Orient et l’Occident ou des relations de l’Islam avec les autres religions, mais il n’avait pas encore abordé dans sa dimension singulière, le rapport entre juifs et musulmans. Pourtant la qualité de ce rapport est lourde de conséquences pour la paix et la sécurité dans ce monde méditerranéen qui est, nous ne saurions l’oublier, la frontière sud de l’Europe, mais aussi pour la cohésion de nos sociétés européennes qui sont devenues multiculturelles et multiethniques.

A cet égard, de nombreux et graves évènements récents ont montré combien le sujet de la table ronde de ce soir « Juifs et arabes, après les accords de Genève, dialoguer aujourd’hui en France sur le conflit israélo-palestinien » est difficile autant qu’indispensable à la cohésion nationale dans un pays qui compte à la fois la plus forte communauté arabe et la plus forte communauté juive d’Europe. Je suis persuadé que vous l’aborderez avec rigueur, sérénité, sans exclusive. Ce sont les règles du jeu que l’IMA souhaite respecter.

J’ai souligné que l’IMA est un lieu de libre parole et d’échanges, qui a été symboliquement choisi par les organisateurs de ce colloque avec ce monument du savoir et de la recherche que représente la Sorbonne. Je suis profondément convaincu que la compréhension mutuelle qu’entend promouvoir l’IMA et que le dialogue que vous cherchez à construire ne s’imposent pas, ne se discutent pas mais sont le fruit d’une recherche patiente, d’un effort d’écoute dans un esprit d’ouverture et de respect de l’autre.

Je vous remercie de votre attention.



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