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« Les élections présidentielles en Egypte : continuité et changement » ![]() Le système politique égyptien est verrouillé depuis de longues années mais les élections présidentielles, en dépit du prolongement par un nouveau mandat de lère Moubarak, révèlent des changements incontestables mais non décisifs encore. Les législatives de novembre prochain seront à cet égard dune importance capitale. Tous les observateurs saccordent à reconnaître que le pouvoir, qui subit une double pression, interne et externe, laisse lopposition sexprimer avec plus de liberté, même dans la rue, ce qui était naguère impensable. Il reste que des blocages structurels, aussi bien politiques quéconomiques, empêchent toujours lEgypte de sengager fermement dans une transition sereine vers la démocratie. La relation privilégiée avec les Etats-Unis savère à double tranchant : elle incite le régime à souvrir quelque peu, mais les Egyptiens, dans leur grande majorité, sont extrêmement réservés à légard la politique américaine au Proche-Orient, y compris son volet dit de « démocratisation ». Les journalistes invités qui avaient couvert les élections ont dressé un tableau vivant des forces politiques en présence. On constate une volonté de modernisation du parti au pouvoir, sous limpulsion du fils du président, Gamal Moubarak, et des mutations parallèles au sein de lopposition. Ainsi, si le vieux Wafd semble avoir perdu son aura, si le Rassemblement (Al-Tagammo, de gauche) réagit mollement aux événements, les Frères musulmans, interdits mais tolérés, sont tentés, du moins une partie dentre eux, à se positionner comme un parti « démocrate-musulman ». Deux autres forces ont émergé : le parti Al-Ghad, fondé par un dissident du Wafd, qui a mené une campagne à laméricaine et reçu les « encouragements » de Condolezza Rice, et surtout le mouvement Kéfaya (« Assez »). Celui-ci regroupe des hommes et des femmes de différentes sensibilités politiques nassérienne, libérale, islamiste, communiste - et a réussi en lespace dun an à transgresser plusieurs interdits, dont les manifestations sur la place publique. Les résultats des élections, et surtout le taux de participation ,qui na pas dépassé les 23 % selon les chiffres officiels, sont décevants dans la mesure où ils font nettement apparaître une désaffection pour la politique. Les Egyptiens avaient aussi peut-être le sentiment que le président allait être, de toute façon, triomphalement réélu. Les élections législatives de novembre seront, de ce fait, plus significatives. La société égyptienne connaît une profonde mutation. Les enquêtes menées en province le montrent clairement et permettent de nuancer les jugements des observateurs égyptiens ou étrangers, qui se contentent de scruter la société politique de la capitale.
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