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ACTUALITE
4 Nouvelles d’ailleurs
5 Sites du trimestre
7 Portrait Kateb Yacine ou l’Algérie rêvée par Kaoutar Harchi
10 Points de vue La révolution syrienne va-t-elle enflammer le monde arabe ? par Paul Henri et Eva Lajarige
HISTOIRE
12 Le musée du Bardo ouvre une nouvelle page d’histoire par Valéry Patin et Christiane Garnero Morena
ARTS
16 Cinéma Le court métrage en résistance par Constance Desloire
18 Brèves art par Ingrid Perbal
19 Arts plastiques Les orientalistes et leurs modèles juifs par Ingrid Perbal
21 Les films du trimestre par Ingrid Perbal
22 Théâtre Lotfi Achour, un grand bol d’air au theatre par Anaïs Heluin
24 Les CD du trimestre par Meriam Azizi-Zyserman
DOSSIER
25 Les Algériens 50 ans après par Benjamin Stora, Nabila Oulebsir, Abdelkader Djemaï, Nathalie Philippe, Catherine Brun, Paul Siblot et Kahina Mazari
IMA
55 Infos IMA
VILLES
57 Alice dans la ville Accord parfait par Alice Sidoli
58 Villes en mouvement
VOYAGE
59 Invitation au voyage Au désert par Catherine Dressayre
64 Carnet de route Mauritanie par Gilles Lafleur
66 Saveurs Aux sources de la cannelle par Monique Zetlaoui
LITTERATURE
69 Des idées et des livres Facettes de la littérature maghrébine par Salim Jay
72 Les livres du trimestre
75 Poésie 15e Voix de la Méditerranée, festival de poésie de Lodève par Taha Adnan, Hassan Khodr, Mazen Marouf, Girgis Shukry et François Zabbal
Algérie 50
Les célébrations ne sont pas encore terminées que l’on se demande déjà ce qu’a pu signifier le nombre cinquante apposé sur les innombrables affiches et programmes de ce premier trimestre 2012. Plus précisément, de quel cinquantenaire parle-t-on au juste ? Celui de la fin de la guerre d’Algérie, ou celui de l’Algérie indépendante qui vient d’avoir cinquante ans ? Celui des Algériens d’Algérie ou celui des Franco-Algériens, si nombreux et si divers en même temps ?
L’impression prévaut d’une prédominance du thème de la guerre dans la remémoration. Nulle surprise à cela d’ailleurs, car la résurgence du passé douloureux se produit toujours après un temps plus ou moins long, comme nous l’apprennent les historiens. Et les dispositions juridiques ne pourront rien contre le rappel brutal des faits qu’un anniversaire ou un fait politique provoqueront ; encore moins les discours lénifiants destinés à réconcilier tout le monde dans l’amnésie partagée.
Cependant, l’évocation du passé doit déboucher sur un examen lucide et distant tel que l’écart des générations le permet. Et pour instaurer la paix des esprits, cet examen devra être mené par ceux d’ici et ceux de là-bas, œuvrant de concert.
Hélas !, c’est ce qui aura sans doute le plus manqué dans cette célébration, même si, ici et là, des historiens confrontent timidement leurs travaux et leurs visions dans des colloques ou des périodiques spécialisés. Ainsi l’Algérie elle-même, celle qui a cinquante ans aujourd’hui, a besoin de réviser son histoire, elle dont les fils errent sans guide, parce qu’ils ont perdu le père symbolique, écrivait Mohammed Dib.
Pour toutes ces raisons, et aussi parce que nous voulions en savoir plus, nous avons essayé dans ce numéro de parler des Algériens et de les faire parler d’eux-mêmes.
Les Algériens, 50 ans après
Qui sont les Algériens ? Qu’est-ce qu’être Algérien ?... en Algérie ?... en France ? Bien entendu, ces questions imposent de s’interroger, notamment sur la façon dont les Algériens sont devenus des Algériens.
L’identité algérienne a été longue à se réaliser et est sans doute encore en formation. Car si on est aujourd’hui Algérien plus qu’on ne l’était il y a cinquante ans, on l’est de différentes manières. Une manière induite par la construction de l’État-nation en premier lieu, mais qui n’est pas exclusive des autres manières qui font qu’on est Kabyle-Algérien, Arabe-Algérien, Français-Algérien, etc.
Comment les auteurs algériens de langue française vivent-ils aujourd'hui leur francophonie? Comment être aujourd'hui «d'ici» et «de là-bas»? Comment rendre perceptible le «colonialisme intérieur brut» ? Quelle place assigner à la part d'histoire coloniale et post-coloniale dans les musées de l'Algérie contemporaine? Autant de problématiques abordées par ce dossier, introduit par un éclairage historique de Benjamin Stora : «Algérie années 80, la fin d'un monde».
Un dossier rédigé par Benjamin Stora, Nabila Oulebsir, Abdelkader Djemaï, Nathalie Philippe, Catherine Brun, Paul Siblot et Kahina Mazari
Au désert
«Trois voyages dans le Grand Erg oriental, de 2007 à 2009. Trois fois la même marche, trois regards sur le même désert, trois perceptions complémentaires. Si les photographies du premier voyage traduisent essentiellement l’esthétisme du lieu, celles de l’année suivante concernent davantage les tâches qui rythment le quotidien. Lors du troisième voyage, les rencontres “s’autorisent”, les portraits apparaissent …»
De superbes clichés noir et blanc qu’illustrent trois courts récits, chacun saisissant sur le vif un moment précieux du voyage et des belles rencontres qu’il fait naître.
Texte et photographies de Catherine Dressayre